Données immobilières, études et conseil

Immobilier résidentiel 2025 : le ciblage, le ciblage, le ciblage

Le temps est largement révolu où la qualité d’un projet se résumait à celle de son emplacement. Aujourd’hui, seuls les programmes conçus pour des clientèles bien spécifiques tirent leur épingle du jeu.

Olivier Conus

Publié le 03/02/2025

 

Entre effondrement des ventes, stagnation du crédit et incertitudes législatives, 2024 a été une année noire pour l'immobilier résidentiel français.

  • ANCIEN : proche de 780.000 ventes à fin septembre 2024, soit -16 %[1]
  • CONSTRUCTION NEUVE : 255.000 logements commencés (-16 %)[2]
  • LOCATIF SOCIAL : moins de 80.000 agréments attendus pour 2024, en probable baisse par rapport à 2023 (82.000)[1]
  • PROMOTION IMMOBILIERE : 51.000 réservations aux particuliers, soit -11 %[3]. 52.000 réservations en ventes en bloc libre, social et intermédiaire, soit -2 %[2]
  • TERRAINS A BATIR : 43.000 ventes, soit -43 %[3]
  • RESIDENCES SERVICES : 28.700 logements autorisés (tous segments confondus), soit -13 %[1]
  • CREDIT IMMOBILIER : la production de crédits mesurée à fin novembre 2024 en niveau annuel glissant recule de -2 %[4]

Les baisses en pourcentage sont moins marquées qu’en 2022 ou 2023, mais les volumes sont au plus bas, notamment pour la construction neuve, qui retrouve ses volumes … des années 1950 !

L’année 2025 ne s’annonce guère meilleure

La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et la Fédération française du bâtiment (FFB) entrevoient une année 2025 encore très sombre pour l’activité neuve. Les bailleurs sociaux restent soumis à de fortes tensions, entre la nécessaire rénovation de leur parc qui mobilise des ressources conséquentes, et leur volonté de développement, le tout dans une situation de financement encore tendue, malgré la baisse du taux du livret A en ce début d’année.

Certaines institutions veulent voir un très timide redémarrage de l’activité. C’est le cas de la Banque de France (redémarrage de production de crédit depuis le printemps 2024, amélioration du pouvoir d’achat des ménages, fin de la baisse des volumes de permis de construire) ou de la BPCE qui prédit « une faible reprise… sans éclat des volumes » et une stabilisation des prix. 

Pourtant, l’agenda politique est très défavorable. L’instabilité politique gèle toute réforme, en particulier l’extension du PTZ à l’ensemble du territoire. On sait déjà qu’il n’y aura pas de remplaçant au Pinel. L’approche des élections municipales (2026) laisse prévoir une baisse des autorisations neuves 12 à 18 mois avant. 

Fin de la standardisation, entrée dans l’ère du ciblage

La crise actuelle, au demeurant, est sans ambiguïté « structurelle », donc profonde. Il n’y aura pas de retour à la situation antérieure. Deux faits majeurs semblent devoir structurer l’avenir de la profession :

  • Seules des offres ciblées et spécifiquement calibrées, à destination de clientèles bien identifiées, semblent aujourd’hui trouver des réponses favorables dans un marché déprimé. Une appréciation suffisamment fine des clientèles devient donc un enjeu crucial pour les prochaines années,
  • Les programmations immobilières, à l’échelle d’un projet immobilier ou d’une zone d’aménagement, se doivent d’être beaucoup plus poussées, compte tenu de la multiplicité et de complexité des offres immobilières spécifiques qui doivent y cohabiter.

Dans cet exercice de ciblage, on regardera en particulier, mais pas exclusivement, du côté des segments du marché qui résistent le mieux dans le neuf :

  • L'IMMOBILIER "DISSOCIE", quelle qu’en soit la nature : bail réel solidaire, usufruit locatif social ou intermédiaire, démembrement de propriété « flexible » … : bien qu’encore modestes, ces offres ont vu leurs volumes progresser depuis trois ans.
  • L'IMMOBILIER SERVICIEL, de la résidence service au coliving, en passant par le built-to-rent : toutes les natures de produits (et de clientèles cibles) ne sont pas à la fête, mais certaines tirent leur épingle du jeu dans ces offres résidentielles où les recettes d’exploitation permettent une valorisation « extra-immobilière ».
  • LES TERRAINS COMPACTS en lots aménagés (moins de 400 m²) : ils résistent de manière significative à la baisse des volumes, quand les parcelles plus spacieuses plongent depuis 3 ans.
  • Plusieurs territoires synonymes de CLIENTELES SPECIFIQUES : certains littoraux, toujours attractifs, les quartiers prioritaires de la politique de la ville, offrant des valeurs attractives et compatibles avec les revenus des acquéreurs, grâce à la TVA minorée.
Illustration - 2volution comparée des marchés de la promotion immobilière - ADEQUATION
2volution comparée des marchés de la promotion immobilière - ADEQUATION

[1] Sources : Notaires de France

[2] Source : Ministère

[3] Source : ADEQUATION, données provisoires

[4] Source : Observatoire Crédit Logement CSA

@pexels

/ Tendance
jan 2023

ZAN et développement urbain en Île-de-France : l'enjeu majeur des données

Dans son rapport d'octobre 2022, l'Observatoire régional du foncier d’Île-de-France se demande comment concilier développement urbain et sobriété foncière. Sans surprise, cette question l'amène à pointer l’enjeu d’une meilleure connaissance des besoins comme des ressources en foncier.

Marie LIorente rapporteuse du groupe de travail de l'ORF

-20%

C’est le résultat de l’exercice 2022 de l’activité en promotion immobilière (ventes au détail). Avec moins de 90.000 ventes, le recul est significatif avec une baisse qui n’a cessé de s’accentuer depuis le printemps 2022.

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/ Décryptage
jan 2023

Data miner, Que fais-tu ?

L'open data, c'est fantastique ! mais qu'est-ce qu'on en fait au juste ? Nous avons demandé à l'un de nos spécialistes du sujet de vous faire entrer dans cet univers devenu essentiel pour ADEQUATION.

Maxime Pranchère

38.000

C’est le nombre de ventes réalisées en neuf auprès des investisseurs (particuliers) en 2022. Un volume en recul de -29% par rapport à l’année précédente, très éloigné des 61.000 ventes aux investisseurs de 2019.

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70%

C’est la proportion des agglomérations des principaux marchés français en promotion immobilière – la plupart en zone A/Abis et B1 – qui a enregistré depuis le 1er janvier moins de 50% de ventes à investisseurs. A l’échelle nationale, les ventes en investissement locatif n’ont représenté que 42% de l’activité, soit 5 points de moins qu’en 2021.

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Promotion immobilière : le mirage du choc d’offre

Les difficultés de production de logements neufs se sont renforcées en 2022 faisant craindre une chute très forte de l’activité en 2023. Face à cette situation et à l'augmentation croissante des prix, nombreux sont ceux qui plaident pour une reprise de la construction. L’idée que l'offre neuve viendra modérer les prix de vente, car elle répondra mieux à la demande, est souvent sous-jacente à ces considérations. Découvrez l'article de Yann Gérard sur Fonciers en débat.

29

C’est le nombre de jours qui constitue la durée moyenne de commercialisation d’un logement locatif à l’échelle nationale en novembre 2022, soit 16 jours de moins qu’en novembre 2019. Signe d’une tension locative forte qui s’observe sur près des deux tiers des grandes agglomérations françaises, compte tenu d’une insuffisance de l’offre nouvelle, dont la faible alimentation est la conséquence de l’érosion des ventes à investisseurs sur le neuf depuis 2019.

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/ Regard
déc 2022

Chaque projet est unique

Sébastien Lapendry, associé fondateur et co-gérant de Youse.

Il s'appelle Youse, contraction de You, Us et Use. Ce promoteur basé à Lyon conçoit chaque projet comme une page blanche sur laquelle les besoins, finement étudiés, viennent définir le programme. Et ce de manière très collaborative. Sébastien Lapendry est associé fondateur et co-gérant de Youse.

3,8%

C’est le rendement brut moyen observé en novembre 2022 sur le logement ancien, à l’échelle nationale, en baisse de 20 points de base par rapport à novembre 2021. Des valeurs néanmoins très hétérogènes, de 6,9% pour Saint Etienne Métropole à 2,4% pour le Bassin d’Arcachon.

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/ Tendance
déc 2022

La promotion immobilière en secteur détendu : le cas stéphanois

Dans le cadre de son observatoire de l'habitat, l'agence d'urbanisme de la région stéphanoise, EPURES, vient de faire paraître une étude sur le rôle de la promotion immobilière sur son territoire1. Même si le marché stéphanois est à maints égards atypique, cette étude met en lumière l'importance de la promotion immobilière pour accompagner les politiques publiques du logement, y compris en secteur détendu.

Audrey Peronnet

87 400

C’est le volume, depuis le 1er janvier, des logements neufs nouvellement mis sur le marché à l’échelle nationale. Un volume inférieur de 12 000 logements par rapport à fin novembre 2021, et même inférieur de 25 000 logements à celui de novembre 2019.

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